Fondation Suisse pour les Cyberthèses

 
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Pourquoi cette approche ?

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1. Une lésion de la moelle épinière ne guérit pas

Les lésions du système nerveux central (SNC), cérébrales (AVC) ou médullaires, sont particulièrement dramatiques eu égard aux capacités limitées de guérison du SNC. Ainsi une lésion de la moelle épinière ne guérit pas.

En effet, la recherche fondamentale sur la régénérescence de la moelle épinière n'a guère progressé ces dernières années, et par souci d’éthique, il ne serait pas honnête de donner de faux espoirs, car cette recherche se heurte à l'extrême complexité du système nerveux central (SNC). Il faut donc admettre que des résultats tangibles sont encore incertains, même à long terme.

Un parallèle peut être établi avec le tissu nodal du coeur, responsable de ses battements autonomes, infiniment moins complexe que la moelle épinière et dont le secret de fonctionnement n'a cependant pas encore été percé depuis l'apparition il y a 50 ans des premiers stimulateurs cardiaques. Ces derniers ont assurément encore de belles années devant eux!

C'est pourquoi, nous estimons que la voie la plus prometteuse actuellement reste le développement de dispositifs d'assistance à la rééducation et à la marche, faisant appel aux neurotechnologies de pointe et à la robotique thérapeutique.

2. Paraplégie: complète et incomplète

Les personnes paraplégiques se répartissent en 2 groupes distincts:
  • 20%, avec une atteinte médullaire complète et irréversible, resteront paralysées;
  • 80%, avec une atteinte médullaire incomplète, présentent divers degrés de potentiel de récupération par neuroplasticité de substitution.
3. Neuroplasticité du SNC

Une possibilité de réhabilitation mérite d'être développée: la faculté remarquable de neuroplasticité de substitution du système nerveux central (SNC). Par suite de leur réorganisation, des circuits nerveux non atteints, encore sains, peuvent se substituer à des circuits nerveux détruits, pour en assurer la fonction.

Cette plasticité peut être stimulée par des exercices qui doivent satisfaire à des exigences strictes formulées ci-après, en vue de reprogrammer le schéma moteur des mouvements.

4. Participation active des muscles paralysés

Cette réhabilitation nécessite l'exécution répétée de mouvements coordonnés fonctionnels précis. Ces mouvements ne doivent pas être accomplis de manière passive, imposés par des moyens externes, mais au contraire réalisés avec la participation active des muscles paralysés, au moyen d'une stimulation neuromusculaire électrique.

5. Mimétisme de l'activité volontaire

Les mouvements induits par électrostimulation neuromusculaire doivent respecter un étroit «mimétisme» de l'activité naturelle volontaire déficiente; la marche par exemple.
Ce mimétisme exige de pouvoir contrôler totalement les mouvements articulaires en amplitude, vitesse et forces, pour garantir des valeurs correspondant à celles des mêmes mouvements naturels volontaires.
Le respect de ces exigences fondamentales et incontournables de contrôle des mouvements a nécessité le développement d'un dispositif novateur de stimulation neuromusculaire électrique rétrocontrôlée en temps réel (CLEMS : Closed-Loop Electrical Muscle Stimulation). Pour assurer ce réglage en boucle fermée de la stimulation, le dispositif utilise des capteurs de position et de forces articulaires incorporés à l'orthèse.

6. Réentraînement suite à la perte de condition physique

Les personnes paralysées présentent généralement une atrophie importante des muscles paralysés, accompagnée fréquemment d'ankylose articulaire qui entraîne une restriction de la mobilité des membres. Par conséquent leur condition physique est usuellement insuffisante et nécessite un réentraînement préalable pour pouvoir ensuite débuter efficacement un entraînement spécifique de la marche.